Burn out, maladie du siècle ? 02 Mai 2011

Interview du psychiatre suisse Davor Komplita : Les nouvelles formes d'organisation du travail s'évertuent à mobiliser et à s'approprier la subjectivité des collaborateurs... La culture du résultat, des chiffres, de la performance, de la gestion des projets et des évaluations se développe dans une rupture croissante avec la réalité du travail humain... La moitié des arrêts maladie à Genève en découlent... Nous constatons des invariants : l'isolement, l'absence de dialogue... Scientifiquement il a été prouvé qu'un cerveau soumis à un stress permanent et continu entre dans l'inhibition... J'appelle cela un "chagrin d'honneur" car il relève de la perte de dignité de l'être humain... ce qui détruit les gens c'est de n'être plus rien aux yeux des autres...
L'objectif est de mettre en place une écologie du travail en récompensant les travailleurs par de la considération et du temps.

Le télétravail ne peut pas, à l'évidence, constituer, à lui seul, un remède contre le burn out ; dans certaines conditions, il peut même renforcer l'isolement du travailleur et ainsi renforcer son stress. Ceci dit, dans la plupart des expériences, on peut mesurer une diminution sensible de ces éléments de stress : d'abord, il faut considérer les apports conséquents de la réduction des déplacements pendulaires quotidiens contraints que subissent des millions de salariés et de la diminution des dépenses que ces déplacements occasionnent ; ensuite, la création d'un nouveau rapport salarial est aussi visible : l'employé gagne en considération (on lui fait confiance) ; le cadre accorde plus d'importance au contenu des opérations de travail ; les bases d'un dialogue professionnel constructif peuvent se mettre en place.


sources :
La Tribune, 17 avril 2011
www.latribune.fr

Tags :
Burn-out, Stress, Conditions de travail, Déplacement domicile-travail



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