Lutte contre l'absentéisme des salariés : Communiqué de l'AFTT. 28 Novembre 2011

Le gouvernement affiche une volonté de réduire l'absentéisme des salariés des secteurs privé et public. L’AFTT ne prend pas position sur les mesures annoncées, ni sur les critiques qu’elles suscitent.
En revanche, elle attire l’attention sur plusieurs faits qui paraissent oubliés ou sous-estimés, dans un climat général d’inquiétude sur l’évolution des conditions de travail :

  • l’élévation de la durée des trajets domicile-travail, qui constituent un supplément croissant de fatigue, de stress et d’appauvrissement ;
  • mais aussi la chute significative des arrêts de travail en cas de télétravail ;
  • de même, la réduction sensible des accidents de trajet, qui constituent une part élevée des accidents de travail.

Il semble donc qu’une politique efficace de réduction de l’absentéisme devrait plutôt viser le déploiement du télétravail dans les entreprises et les administrations ce qui, outre l’effet recherché de diminution du nombre des arrêts de maladie, conduirait aussi à améliorer le pouvoir d’achat et le bien-être des salariés ; et à accroître leur efficacité professionnelle permettant aux entreprises d’être plus performantes et à notre pays d’être plus compétitif dans cette période difficile.

Quelques chiffres pour convaincre
Selon la Sécurité sociale : actuellement les indemnités journalières coûtent 8,7 milliards d’euros, dont 3,7 milliards pour les maladies courantes de moins de 3 mois et 2,5 milliards pour les accidents du travail.
Le secteur de la santé est le plus touché : la moyenne des arrêts de travail y est de 21,3 jours par an. Pour les autres secteurs, les durées d’arrêt varient de 16,1 jours pour les services à 11,8 pour le BTP (Transports : 14,4 ; Industrie : 13,9 ; Commerce : 13,6).
Pour les accidents de trajet : en 2009, des arrêts de travail ont été causés par près 40 000 accidents de trajet, entraînant 108 décès, 2 200 invalidités professionnelles et 2 186 000 journées d’arrêt de travail.
Stress et fatigue liés aux transports : une enquête mondiale effectuée par la société Regus montre que les trajets professionnels sont classés comme « le plus grand facteur de stress » par les salariés : « 82 % des personnes interrogées ont désigné le stress causé par les embouteillages, les bus et les trains bondés comme principale source d’irritation » suivis par : « les retards et interruptions de service, l’agressivité au volant… » (MarketingUK, août-septembre 2010).

Impact positif du télétravail :

  • selon une étude réalisée auprès de 140 télétravailleurs canadiens, ceux-ci affirment se sentir plus heureux, en meilleure santé et mener une vie plus équilibrée (Staples Advantage, 19 juillet 2011) ;
  • une autre étude (américaine) de mai 2010, corrobore ce que l’AFTT exprime constamment : pour le réseau Telework Research Network, le télétravail présente de nombreux avantages économiques pour les entreprises : ainsi, un télétravailleur serait 27 % plus productif qu’un salarié se rendant tous les jours au bureau ; la nouvelle organisation permettrait une réduction des dépenses de bureau (- 18 %) une diminution de l’absentéisme (baisse moyenne de 3.7 jours par an) et une réduction du turnover (réduction de 25 %). Le bénéfice cumulé serait alors supérieur à 400 milliards de dollars par an pour les entreprises américaines. L’étude détaille également les bénéfices du télétravail pour les salariés eux-mêmes : réduction des coûts de transports, des temps de conduite, des frais de parking, sans oublier les économies de temps (52 minutes en moyenne par jour) une plus grande flexibilité et une diminution de l’exposition aux maladies.

Ce communiqué de l'AFTT (Association française du télétravail et des téléactivités, dont CAP Télétravail est adhérent) fait suite à l'annonce, par le gouvernement français, d'une action destinée à réduire le taux d'absentéisme des salariés. Comme dans d'autres domaines, ce type de mesure se situe à l'intérieur du cadre traditionnel des relations de travail, ce qui tend à en minorer les effets tout en obscurcissant un peu plus le climat social interne des entreprises et des administrations. Tout autre serait l'engagement d'une action agissant sur les causes des difficultés signalées, plutôt que sur les effets : chercher à modifier le cadre des relations de travail, à faire pénétrer dans les organisations, des relations de confiance réciproque entre salariés et managers, par exemple par l'introduction du travail à distance, permettrait d'envisager des résultats bien supérieurs et non antagoniques.


sources :
Communiqué de l\'AFTT (Paris, 16 novembre 2011) .
www.aftt.asso.fr

Tags :
Gouvernement, Etats-unis, Fonction publique, Conditions de travail, Déplacement domicile-travail, Transports, Stress, Absentéisme, Sécurité sociale



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